FINANCE • 25.10.2026

Plan de trésorerie : repérer le mois où l’argent risque de manquer

Édouard Bonnet
Plan de trésorerie : repérer le mois où l’argent manque
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Publié par : — Rédacteur en chef

Un client peut avoir signé, une facture être envoyée et votre compte bancaire manquer malgré tout d’argent. Le plan de trésorerie sert à anticiper ce décalage : il rassemble les encaissements et les décaissements prévus, mois par mois, pour calculer le solde disponible. Son intérêt est concret : savoir quand payer vos charges, quand relancer vos clients et à quel moment prévoir un financement.

Partir de l’argent disponible, pas du bénéfice annoncé

Une entreprise rentable peut rencontrer des difficultés de trésorerie. Le résultat comptable mesure la différence entre produits et charges ; la trésorerie suit les mouvements d’argent. Une vente réalisée en mars mais réglée en mai améliore le chiffre d’affaires avant d’alimenter le compte bancaire. Pendant cet intervalle, les salaires, les fournisseurs et les échéances continuent de tomber.

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1. Quelle différence décrit le mieux le résultat comptable et la trésorerie ?

Bonne réponse : Le résultat comptable et la trésorerie peuvent différer. Le résultat comptable et les mouvements réels d'argent ne correspondent pas nécessairement au même moment.

2. Comment calcule-t-on le solde final de trésorerie ?

Bonne réponse : Solde initial + encaissements − décaissements. Le solde final est obtenu en ajoutant les entrées d'argent au solde initial, puis en soustrayant les sorties.

3. Comment traiter la TVA dans un plan de trésorerie ?

Bonne réponse : Il faut l'intégrer selon les dates de ses encaissements et de ses décaissements. Dans un plan de trésorerie, la TVA doit être prise en compte lorsqu'elle génère effectivement un mouvement de trésorerie.

4. Quelle affirmation est correcte concernant les amortissements ?

Bonne réponse : Ils n'entraînent pas de mouvement de trésorerie au moment de leur constatation. L'amortissement est une charge comptable qui ne constitue pas, à lui seul, un décaissement.

5. Que représente le point bas réel d'un plan de trésorerie ?

Bonne réponse : Le solde de trésorerie le plus faible observé au cours de la période. Le point bas réel permet d'identifier le moment où la trésorerie est la plus tendue.

6. Comment actualiser un prévisionnel de trésorerie ?

Bonne réponse : En intégrant les flux réels connus et en révisant les prévisions restantes. L'actualisation rapproche le prévisionnel de la situation réelle et permet de tenir compte des nouvelles informations.

Le plan de trésorerie prévisionnel traduit donc votre activité en dates de paiement réelles ou estimées. Il ne remplace ni le compte de résultat prévisionnel ni le plan de financement : il montre si les ressources seront disponibles au moment précis où les dépenses devront être réglées.

Choisir un horizon adapté à la situation

Pour préparer un lancement ou suivre une activité, un tableau mensuel sur douze mois constitue une base pratique. Il permet de visualiser la saisonnalité, les dépenses ponctuelles et les périodes de creux. Si la trésorerie est tendue, complétez-le par un suivi hebdomadaire : un mois peut finir dans le positif alors qu’une grosse échéance tombe avant le règlement d’un client.

Le point de départ doit correspondre à une disponibilité vérifiée. Retenez le solde bancaire à la date choisie et tenez compte des opérations déjà engagées mais pas encore débitées. Si vous disposez de plusieurs comptes, consolidez-les sans compter deux fois les virements internes.

Placer chaque entrée et chaque sortie au bon mois

La qualité du tableau dépend davantage du calendrier retenu que du nombre de lignes. Appuyez-vous sur les factures, contrats, échéanciers, relevés bancaires et hypothèses commerciales. Pour chaque montant, posez la même question : quand l’argent entrera-t-il ou sortira-t-il réellement ?

Infographie expliquant un plan de trésorerie avec encaissements, décaissements et point bas réel
Infographie expliquant un plan de trésorerie avec encaissements, décaissements et point bas réel

Les encaissements : distinguer ventes et règlements

Inscrivez les paiements clients selon les conditions convenues, en intégrant les acomptes et les règlements échelonnés. Pour les créances déjà facturées, utilisez leur échéance et votre connaissance du client. Pour les ventes futures, retenez une hypothèse cohérente avec votre cycle commercial, sans considérer qu’un devis envoyé équivaut à une recette certaine.

Ajoutez séparément les autres entrées : apport en capital, versement d’un emprunt, apport en compte courant d’associé, subvention ou remboursement fiscal attendu. Une aide demandée mais non accordée ne doit pas être traitée comme une disponibilité acquise.

Les décaissements : intégrer les dépenses peu visibles

Recensez les achats, loyers, assurances, abonnements, salaires, cotisations sociales et impôts selon leurs dates de règlement. Ajoutez les investissements, les remboursements d’emprunt et les éventuels prélèvements de l’exploitant. Le remboursement du capital d’un prêt consomme de la trésorerie, même s’il n’est pas une charge du compte de résultat.

Si votre entreprise est assujettie à la TVA, saisissez les règlements concernés TTC et prévoyez les versements ou remboursements de TVA selon votre régime. Les amortissements, en revanche, ne sont pas des décaissements : c’est le paiement de l’équipement qui figure dans le tableau. Cette distinction évite de compter deux fois la même dépense.

Construire un tableau qui révèle immédiatement les tensions

Un tableur suffit pour démarrer. Placez les mois en colonnes et les catégories de flux en lignes, puis faites apparaître clairement le solde initial, les totaux des encaissements et décaissements, la variation et le solde final. La règle de calcul est simple : solde final = solde initial + encaissements − décaissements. Le solde final d’un mois devient le solde initial du suivant.

Construire un plan de trésorerie prévisionnel, Un guide officiel de Bpifrance Création pour suivre les encaissements et décaissements mensuels et anticiper les besoins de trésorerie.

Voici un exemple simplifié, avec des montants illustratifs en euros :

RubriqueJanvierFévrierMars
Solde initial8 0005 000−2 000
Total des encaissements12 00010 00019 000
Total des décaissements15 00017 00014 000
Variation mensuelle−3 000−7 0005 000
Solde final5 000−2 0003 000

Dans cet exemple, le retour à un solde positif en mars ne résout pas le problème de février. Il faut couvrir le manque de 2 000 euros au minimum à la clôture du mois, et vérifier si le creux est plus important entre deux échéances. Une mise en couleur des soldes négatifs facilite leur repérage, mais ne dispense pas d’examiner les dates.

Pensez à la trésorerie comme à un courant traversant plusieurs vannes : ce n’est pas seulement le volume total qui compte, mais l’ordre d’ouverture. Déplacer un règlement fournisseur de quelques jours, avec son accord, peut éviter une rupture si un encaissement fiable arrive entre-temps. Pour les semaines sensibles, rangez donc les mouvements par date et calculez le solde après chaque opération : vous repérerez le point bas réel, parfois invisible dans une vue mensuelle.

Transformer le prévisionnel en décisions concrètes

Un solde négatif est un signal d’action, pas une simple cellule à corriger. Commencez par identifier son origine : retard client, stock trop important, investissement ponctuel, saison creuse ou dépenses durablement supérieures aux recettes. La réponse ne sera pas la même pour un décalage temporaire et pour un déséquilibre récurrent.

Agir sur les délais avant de chercher du financement

Vous pouvez accélérer la facturation, demander un acompte adapté à la prestation, relancer les factures échues ou négocier un échéancier fournisseur. Un investissement non indispensable peut aussi être décalé. Ces mesures doivent rester réalistes et respecter vos engagements : modifier une date dans le tableur ne modifie pas le contrat correspondant.

Si le besoin subsiste, le tableau permet de discuter d’un financement avec une vision plus précise du montant, de la durée et de la capacité de remboursement. Ne confondez pas une autorisation de découvert avec une recette : suivez-la séparément comme une marge de financement mobilisable, avec ses conditions et son coût.

Tester un scénario moins favorable et actualiser le suivi

Conservez une version centrale et testez quelques hypothèses défavorables : règlement du principal client reporté, ventes moins élevées ou dépense imprévue. L’objectif n’est pas de multiplier les scénarios, mais de mesurer votre marge de sécurité et de préparer une réponse avant l’urgence.

Chaque mois, remplacez les prévisions écoulées par les mouvements réels et prolongez l’horizon du tableau. Analysez les écarts : une recette seulement décalée n’a pas le même effet qu’une vente définitivement perdue. En période tendue, rapprochez ce suivi. Un plan de trésorerie utile reste un outil vivant, relié au compte bancaire et aux décisions quotidiennes de l’entreprise.